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Concepción Graphique et dessin de Philippe Teller    -   Formatage de Jean-François LAZARRE
Impression et Dépôt Légal   - Imprimeu II 04-12-500  de la Bibliothèque Nationale d’Haïti
Converti du libre  - Helen Hagemann  helen.hagemann@guatesol.ch
Un grand Merci pour relire le texte à Philippe Teller

 PASTORALE DE LA TERRE PDF  pour imprimer - pour pour presentation
Si vous souhaitez une présentation PowerPoint, qui a une meilleure résolution des photos, envoyer moi un mail.
 


 

TABLE DES MATIÉRES
REMERCIEMENTS
UN SALUT DU ARCHEVÊQUE DE CAP-HAITÍ - MONSEIGNEUR HUBERT CONSTANT 
PASTORALE DE LA TERRE
1 .L'HOMME FACE À SON DESTIN
2. LA FAMILLE PAYSANNE ET LE DESSEIN DE DIEU
3. LE JARDIN PAYSAN DANS L'ESPRIT DE LA TERRE PROMISE
4. L'ENVIRONNEMENT HAÏTIEN ACTUELLEMENT, UN ESPACE OUTRAGÉ
5. L'AGRICULTURE DURABLE: UNE VIE D'HARMONIE ENTRE L'HOMME ET LA NATURE
6. L'HOMME, PARTIE CONSCIENTE ET CRITIQUE DE LA NATURE
7. PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT: L'AGRICULTURE DURABLE SYMBOLE DE LA RÉCONCILIATION FRATERNELLE
8. LA RÉCONCILIATION AVEC DIEU, UNE ALTERNATIVE POUR UNE VIE D'ABONDANCE<


REMERCIEMENTS

Nous formulons ici un merci tout spécial à toutes les paysannes et à tous les paysans. C’est leur travail  dans les jardins et les communautés qui nous a convaincus de l'importance de la pastorale de la terre. Merci aussi aux membres de la Plate-Forme d’Agroécologie et de Développement Durable (PADED), à nos collègues colombiens de Podion, à Monika et Roberto Hesse-Rodriguez de la Fondation "Sembradores de Esperanza", à la pastorale sociale de San Salvador, au Frère Lorius Libériste, à Raymond Mondésir, à Kurt Habermeier et à toute l'équipe de GADRU, aux fils et aux filles spirituels du Père Louis Charles, prophète haïtien de l'agriculture durable et aussi à Monseigneur Raoul Corriveau, évêque de Choluteca au Honduras, pour les expériences de terrain, les publications, les idées qui ont nourri notre réflexion et ont inspiré tant le texte que le dessin, à Juan Mejía du Honduras qui a contribué à l’ébauche d’un premier schéma, et  l’équipe de pastorale de la terre de Choluteca au Honduras et le secrétariat Social de Caritas de l’arquidiocèse de San Salvador.
Philippe Teller


UN SALUT DU ARCHEVÊQUE DE CAP-HAITÍ - MONSEIGNEUR HUBERT CONSTANT

Homme et Terre-Humus s'appellent mutuellement. Car, c’est de la terre-humus que l'homme a été tiré. "Le Seigneur Dieu modela l'homme avec de la poussière prise du sol (Gen. 2,7). Né de la terre, l'homme en a, toutefois, reçu la gérance : « Remplissez la terre et dominez-la. » (Gen. 1,26-28).

Cette terre est appelée à produire les arbres. Ceux-ci doivent porter des fruits et aussi leur semence. Même l'herbe, sous nos pas, et les oiseaux dans le ciel doivent, à leur manière, concourir à la conservation de la vie.

Les fruits de la terre et des arbres serviront de nourriture à la femme, à l'homme et à l’animal. On a donc bien raison d'appeler la terre : « Terre- Mère ». Voilà ce qui nous autorise à parler de la fécondité de la terre, car, après tout, qu'est-ce que c'est que la fécondité si ce n’est la capacité de donner la vie.

Quand on aide la terre à donner la vie, on s'associe à son œuvre créatrice, on est, avec elle, co-donneur de vie. Aussi, le travailleur de la terre - la paysanne et le paysan en particulier - qui colle à elle, en hume l'odeur lorsqu’il la bêche, se hausse-t-il à la hauteur d'un co-créateur, donneur de vie. Et, lorsqu’on parle de la terre, on peut y associer l’eau que l’on boit, l'air que l'on respire, tout l'environnement que l'on doit protéger.

Paysan, paysanne, à qui il est confié de soumettre bétail, gros et petit, oiseau, ruisseau, cours d'eau, arbrisseau, arbres géants, herbe verdoyante, terre-mère, " jardin", vous êtes roi et reine de cette belle, rayonnante et merveilleuse nature. Dame Nature, soyez bénie! Soient aussi bénis tous ceux qui, par cet Essai de la "Pastorale de la Terre", cherchent à réconcilier, avec toi, Terre-Mère, tes fils et tes filles!

Terre-Mère, sois aujourd’hui et demain et toujours, mère nourricière, jalouse de toutes tes richesses. Enjoins-nous de les respecter, de les cultiver, de t'aider à les faire fructifier. Et Toi, Seigneur, visite-nous ; envoie-nous ton Esprit qui renouvelle la face de notre terre ( Ps. 104, 30 ). Alors, Mère-Terre, nos récoltes seront abondantes et de meilleure qualité, tes filles et tes fils mangeront à leur faim, ils réapprendront à partager, ils seront des hommes et des femmes debout, ressuscités, louant leur Créateur et Père.

     +Monseigneur Hubert Constant, omi Archevêque du Cap-Haïtien – décédé le 23 septembre de 2011




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PASTORALE

      DE LA TERRE

Les 8 dessins des 8 chapitres












1. L'HOMME FACE À SON DESTIN

« Je te propose la vie ou la mort, la bénédiction ou la malédiction. Choisis donc la vie pour que toi et ta postérité vous viviez »   (Deutéronome 30,19)




picture 1La vie est au cœur du travail de la pastorale de la terre. La vie sous toutes ses formes: végétale, animale, qu’il s’agisse des microbes du sol, des insectes, des animaux sauvages ou domestiques, et surtout la vie humaine. La vie se manifeste en une infinie diversité d’arbres, de plantes, d’animaux et de personnes. C’est pour cela, que le dessin N° 1 déborde un peu de son cadre. Le banquet et la fête avec leurs aspects de convivialité, d’abondance, de partage, de joie et de liberté symbolisent ici la vie en qualité (musique, festin, justice et paix…). 
  • L’arbre est tellement important dans les processus de la vie (cycles de l’eau, du carbone, de l’azote, apports en fruits divers, en bois, en fourrage, en ombrage…) et il est tellement souvent ignoré et maltraité que nous nous sommes inspirés du motif du voile de carême, que le peintre haïtien Jacques Cherry a réalisé pour Misereor, comme centre du dessin.
  • Si les conditions lui sont favorables, la vie se développe de façon progressive. C’est la ronde des mois qui représente cette continuité.
Hungertuch

                                                                                                                                                                       








2. LA FAMILLE PAYSANNE ET LE DESSEIN DE DIEU

familia campesina          « Moi, je suis venu pour qu'on ait la Vie
             et qu'on l'ait en abondance »
(Jean 10,10)
  • La famille paysanne doit être l'acteur principal du droit à se nourrir, pour elle-même et pour les autres.

  • C'est toute la famille paysanne sans distinction d’âge ou de sexe qui est concernée par le travail de la pastorale de la terre. Elle doit pouvoir se nourrir et vivre dignement de son travail.

  • Les femmes nourrissent le monde! Partout, les femmes détiennent les clefs de la sécurité alimentaire des ménages. Contrairement aux hommes, elles dépensent la majorité de leurs revenus pour les besoins de leur famille. Elles participent aux plantations et surtout à la transformation et à la commercialisation des récoltes. Sur le dessin N° 2 comme dans la réalité du travail de pastorale de la terre la femme joue un rôle très important.

  • En milieu rural, on observe l'inacceptable ! On y voit des paysannes et des paysans, dont la vocation est de produire de la nourriture, souffrir de la faim !

  • La priorité des priorités des familles paysannes, c’est d’alimenter la famille en abondance, diversité et qualité et, ca, pendant toute l’année.

Actuellement le développement urbain (bidonvilles et usines comme indiqué sur le dessin N° 2) semble incapable de générer des emplois suffisants pour faire vivre dignement les migrants des campagnes et les exclus des villes. De là l’importance et la nécessité du développement rural.



3. LE JARDIN PAYSAN DANS L'ESPRIT DE LA TERRE PROMISE


« C'est un pays où coulent le lait et le miel »   (Exode 3,8)


LA PARCELA DEL CAMPESINOC’est dans le jardin familial que se développe la relation entre les humains et la nature, c'est- à-dire avec le sol, l’eau, les micro-organismes qui nourrissent le sol, les arbres, les plantes et les animaux. Le jardin familial, c'est en fait une communauté d’êtres vivants que les gens gèrent comme un système cohérent. C'est le jardin qui est généralement le théâtre principal du travail de la Pastorale de la terre, car c'est là que peut commencer en vérité et en réalité l’application concrète des nouvelles méthodes.
  • L'accès à la terre et à la sécurité foncière sont des conditions préalables pour arriver à une agriculture durable. « II faut que les fruits de la terre soient pour ceux qui la travaillent et la protègent ! » Sur les terres où existe une grande sécurité foncière, on peut observer que les gens hésitent moins à appliquer les méthodes d'agriculture durable. La sécurité foncière conditionne le développement rural durable. C’est toujours sur les parcelles où existe le plus de sécurité foncière que s'observent les plus beaux résultats (on y voit des paysages ressuscités). C'est donc là qu'il conviendra de commencer le travail concret ! L’accès durable aux ressources productives fait partie intégrante du travail de la pastorale de la terre. Il s’'impose de lui-même comme thème de réflexion avec les familles dès qu’on discute de l’agriculture durable et de l’amélioration foncière (particulièrement la plantation d'arbres).

  • Les mesures de protection du sol et d'accroissement de la fertilité de ce dernier améliorent rapidement les récoltes, mais surtout elles garantissent dans la durée les capacités de production du jardin familial.  

Une réflexion menée avec les familles pour établir les priorités de l’agriculture familiale aboutit à la classification suivante :

1. Alimenter la famille

Grâce à la diversification de la production, le jardin familial devient le supermarché de la famille. La famille y trouvera de quoi se nourrir en abondance, diversité et qualité pendant toute l’année (dessin N° 3: panier avec la ronde des mois de l’année).

2. Alimenter les animaux

La production fourragère améliore la situation nutritionnelle du bétail, particulièrement en période de sécheresse (dessin N° 3: cultures fourragères en courbes à niveau, et faucille).

3. Alimenter la terre
La sécurité foncière permet à la famille d'investir dans l’amélioration de la fertilité du jardin de façon à ce que ce dernier puisse continuer longtemps à nourrir la famille et les animaux. (Dessin N° 3: tas de fumier, microbes du sol, vers de terre... ).

4. Alimenter le marché
Les productions excédentaires animales et végétales améliorent les revenus monétaires de la famille. Remarquons que ce que le mercantilisme dominant met souvent au tout premier plan, les familles paysannes et surtout les femmes (qui se sentent généralement responsables d’alimenter chaque jour la famille) ne le rejettent pas mais lui donnent le quatrième rang de priorité ! Sur le dessin N° 3, cela est symbolisé par le chemin qui ne conduit au marché qu’après être passé par la maison de la famille.



4. L’ENVIRONNEMENT HAÏTIEN ACTUEL, UN ESPACE OUTRAGE

« Oh Seigneur envoie ton esprit, qu’il renouvelle la face de la terre ! »   (Psaume 104,30)


La relation de l’homme avec la terre est souvent marquée par la volonté de tirer le maximum de bénéfice en un minimum de temps. Il s’agit d’une approche minière de l’agriculture (comme le mineur qui épuise le gisement de minerais et puis s’en va, comme le bûcheron et le charbonnier du dessin No 4 qui souvent partent en laissant derrière eux le désert). situacion
  • L’agriculture migratoire consiste à épuiser le gisement de fertilité du sol avant d’abandonner la parcelle. Cette agriculture n'est praticable que là où la terre est abondante et la population peu nombreuse. Le sol dispose alors de suffisamment de temps pour se régénérer avant d’être de nouveau mis en culture. Quand il n'y a plus assez de terres de réserve, il faut établir une autre relation entre l’agricultrice ou l’agriculteur et le sol. Il faut apprendre à nourrir le sol pour qu'à son tour il puisse nous nourrir dans la durée, nous et nos animaux, et pour qu’il génère, en plus, des produits pour le marché.
  • La relation des paysans avec la terre et la nature semble encore très marquée par la violence et par une approche à court terme. II s'agit surtout d'abattre, de brûler, de couper, d'arracher, de combattre, d’exterminer, d’empoisonner herbes et insectes, d'extirper, de mettre à nu, de faire avancer la frontière agricole, de dominer, de surexploiter les ressources… La relation avec la nature semble essentiellement être un combat contre elle.
  • Les conséquences de cette approche à court terme sur les paysages se manifestent par le déboisement sans préoccupation pour la restauration ou le maintien du capital forestier, l’usage irraisonné du feu, l’application de méthodes expéditives qui laissent le sol nu exposé aux agents climatiques qui érodent le sol, y creusent des ravines et affectent sa fertilité ainsi que l’usage peu responsable de produits dangereux dont l’utilisation est souvent interdite ou sévèrement contrôlée sous d'autres cieux.
  • L’érosion massive entraîne l’exode rural. Quand la terre s'en va, les gens s’en vont aussi ! (parallélisme entre les deux flèches rouges du dessin N° 4)
  • C’est le Christ agonisant qui symbolise cette façon de maltraiter la Vie.




5. L’AGRICULTURE DURABLE: UNE VIE D’HARMONIE ENTRE L’HOMME ET LA NATURE

« Le Seigneur Dieu prit l’homme et l’établit dans le jardin d'Eden pour cultiver le sol et le garder » (Genèse 2,15)


agricultura          Le paysage rural est le miroir des relations que les gens ont développées au cours du temps avec leur environnement, avec la terre, l’eau, les microbes du sol qui sont des acteurs méconnus mais importants du cycle « vie-mort-nouvelle vie », les arbres, les plantes, les animaux, les êtres humains (Comparons .picture 5 les dessins N° 4 et N° 5)


          Dans un paysage réconcilié, le statut juridique de l’arbre encourage les plantations
parce que:

  • L'arbre et ses fruits sont pour celui qui le plante et le protège.
  • Les gens n'ont alors pas peur de planter des arbres.
  • Ils respectent les arbres qui poussent spontanément.
  • Ils respectent et protègent la vie de ceux qui grandissent.
  • Ils plantent plus qu’ils n’en abattent!



  • Dans un paysage réconcilié, l’eau de pluie est sous contrôle. (Les quatre flèches rouges du dessin N° 5 représentent les façons de contrôler les chemins de l’eau sur nos terrains).
    1. Elle ne s'abat plus que très rarement sur un sol nu. Ce dernier a une couverture végétale.
    2. Des structures vivantes de protection du sol l’empêchent de ruisseler et d'éroder les terrains.
    3. Des apports importants de matières organiques (engrais vert, compost, fumier et contrôle des incendies) améliorent les capacités du sol à absorber et à retenir l’eau.
    4. Une bonne couverture vivante ou morte du sol et des haies arborées servant de coupe-vent créent un micro-climat favorable à la vie du sol qui est représentée sur le dessin N° 5 par les vers de terre).
    5. La couverture du sol et les haies brise-vent contrôlent les pertes d’eau par évaporation.
  • L’agriculture devient durable grâce aux quatre mesures classiques déjà bien connues et pratiquées par les familles pionnières :
    1. Clôtures vivantes.
    2. Rampes vivantes.
    3. Arbres fruitiers, bois d'œuvre, arbres à fourrage ou à bois de feu, arbres qui régénèrent le sol. Plantes de couverture et engrais verts. picture 4
    4. Plantes de couverture et engrais verts.
  • Ces quatre mesures ont pour objectifs de:
    1. Protéger la terre.
    2. Améliorer sa fertilité.
    3. Diversifier la production.
    4. Augmenter les récoltes.

Dans les sociétés post-coloniales, le sol et son travail ont été méprisés. Hormis quelques grands propriétaires, personne n'a pu vivre dignement de ce travail et encore moins améliorer sa situation grâce à lui.
Seule l’agriculture durable permet d’améliorer notablement la situation matérielle des familles paysannes et leur estime de soi.


  • Dans les pays qui ont été colonisés, l’agriculture conventionnelle donne la priorité aux cultures d’exportation. Mais les familles qui travaillent en agriculture durable ont, elles, d'autres priorités (voir chapitre 3).
  • Dans une société où les rapports entre les humains sont souvent difficiles et où il arrive que les familles paysannes aient faim (ce qui est inacceptable), il peut sembler incongru de consacrer une attention spéciale aux animaux. Cependant c’est de leur bien-être et de leur santé que dépendra leur productivité qui sera bénéfique tant pour la famille que pour le marché.
  • Dans ce type d’agriculture, il ne s’agit plus de combattre et encore moins de vaincre la nature, mais bien d'essayer de mieux la comprendre et d'apprendre à collaborer avec elle.



6. L'HOMME, PARTIE CONSCIENTE ET CRITIQUE DE LA NATURE

« Ils reprennent vie et se tiennent debout » (Ezéchiel 37,10) CRITICA

  • Les paysannes et paysans ont souvent une piètre image d’eux-mêmes à cause du peu de possibilité de progrès que leur offre leur milieu de vie. Ces sentiments se manifestent surtout quand ils sont confrontés aux gens de la ville ou à ceux qui ont bénéficié d’une éducation plus formelle que la leur. Le travail de la Pastorale de la Terre bien conduit semble pouvoir influencer favorablement cette situation.
  • La pleine conscience d’avoir été capable d’apprendre des choses nouvelles aide les membres des familles paysannes à améliorer leur estime de soi. Cela s’observe surtout quand les nouvelles connaissances leur permettent d’améliorer notablement leurs récoltes (dessin N° 6 : une femme explique son expérience de protection du sol sur un tableau).
  • Pour que l’estime de soi grandisse, il est important que les efforts pour améliorer les récoltes soient liés à la mise en œuvre des ressources propres de la famille et du milieu, donc des ressources qui soient disponibles ou facilement reproductibles sur place grâce au travail de la famille et/ou à la collaboration avec d’autres familles. Ainsi la victoire sur la faim et la pauvreté sera bien plus la victoire des gens eux-mêmes que celle des institutions d’appui (dessin N° 6 : à I’ avant-plan, travail avec le niveau A, à I’ arrière-plan, un champ protégé prometteur de belles récoltes).

Choisir de construire le développement essentiellement sur des ressources locales, c’est d’abord ne pas créer de dépendances vis-à-vis de ressources extérieures, c’est aussi permettre à toutes les familles voisines qui le souhaitent de répéter elles aussi les expériences positives. Cette option vise à aider les gens à s’aider eux-mêmes ! C’est aux gens de la communauté de faire avancer leur communauté. Le travail des institutions est de leur apporter un appui en ce sens.

  • Pouvoir maintenant contrôler des phénomènes (par exemple : perte de fertilité, érosion, sécheresse, feux, élevage libre, surpâturage...) qu'ils subissaient passivement dans le passé permet aux gens de sentir qu'ils progressent. De même quand ils prennent la parole pour commenter des progrès réalisés dans le jardin familial, vont visiter des parcelles et reçoivent la visite de personnes qui souhaitent voir les résultats des techniques nouvelles (qu'il s'agisse de voisins ou de gens d'autres régions ou pays).
  • Participer à des cours, sessions de formation, journées d'étude, démonstrations, séminaires, etc., en confrontant avec curiosité et prudence les savoirs nouveaux à la pratique dans la parcelle familiale aide les gens à s'approprier des connaissances nouvelles.
  • Tout cela aide les gens à se réconcilier avec l’image qu’ils se font d’eux-mêmes, de leur capacité d'apprendre et de leur métier (parfois de leur réelle vocation) d’agricultrices et d’agriculteurs. Des perspectives nouvelles s’ouvrent aux jeunes couples qui peuvent se faire désormais une image relativement précise d'un avenir meilleur (dessin N°. 6).
  • L’estime de soi retrouvée réveille l’imagination, la créativité, la confiance en soi, la capacité d'imaginer que le jardin, le champ, le hameau ou la communauté pourraient évoluer autrement qu’ils ne le font maintenant. On peut parler dans ce cas d'un réveil des espérances.


7. PROTECTION DE L'ENVIRONNEMENT:
             L'AGRICULTURE DURABLE SYMBOLE DE LA RÉCONCILIATION FRATERNELLE

«... va d’abord te réconcilier avec ton frère et ta sœur...» (Math 5,24)picture 7
  • L’agriculture durable est une forme très intensive de production. Elle utilise systématiquement les ressources locales : sol, eau, lumière, végétation spontanée ; elle donne plus d’importance aux connaissances et au travail qu'au capital, elle offre aussi une alternative aux méthodes extensives qui sont bien plus exigeantes en eau et en intrants achetés.
  • Le développement de l’agriculture durable tend à diminuer la pression sur la terre et à calmer les luttes foncières. Grâce à elle, il est possible de doubler et même de tripler la production sans avoir à étendre les surfaces travaillées, ni entrer directement en conflit avec les voisins qui voudraient faire de même.
    Le fait d’améliorer notoirement la production donne aux familles une plus grande sécurité alimentaire et économique. Celle-ci contribue à atténuer les tensions sociales.
  • Les tensions interpersonnelles, les suspicions, les jalousies existent parfois en milieu rural. La participation à un mouvement paysan ouvert, fraternel, égalitaire, où «personne n'est professeur et personne n’est élève» mais où chacun se sent à la fois élève et professeur, aide à calmer les tensions (chacun sait qu’il ignore des choses que les autres savent et qu’il sait des choses que d’autres ignorent. Chacun écoute l’autre).
    L'écoute et le respect réciproque améliorent les relations entre les membres du mouvement, et aussi entre eux et les techniciens.
  • En cas de divergence d’opinion ou de polémiques sur des sujets techniques, on réalise un essai prudent à échelle réduite, et c’est la terre qui donne la bonne réponse !
  • Le fait que le travail de développement rural bien mené n'offre aux familles paysannes que des connaissances et du savoir-faire, mais pas de cadeaux ou de récompenses, contribue à diminuer les marchandages, les compétitions, les jalousies liées aux aides matérielles qui s'observent dans la majorité des projets conventionnels..
  • Participer à des démonstrations durant lesquelles on travaille ensemble (dessin N° 7 du groupe au travail), aller voir le travail d'autres familles, multiplier et partager des semences et des boutures, se former avec d'autres, sont des activités qui élargissent le champ de vision, rompent l’isolement des gens et créent des alliances et des solidarités nouvelles.
  • Le fait qu’un grand nombre de familles partagent les nouvelles méthodes de travail prépare et facilite l’émergence de petites organisations locales. Celles-ci devront apprendre à résoudre les problèmes locaux qui dépassent les limites de la parcelle familiale, par exemple le contrôle des feux de brousse, la divagation du bétail, le déboisement, l’érosion quand celle-ci affecte plusieurs familles habitant sur une même colline. On voit alors se former des comités locaux de protection de l’environnement (dessin d'une réunion au N° 7).
  • Le renforcement des capacités organisatrices des gens se développera par la suite pour affronter d’autres problèmes tels que l’obtention de l’eau potable, d’une école, etc. Ce renforcement évolue naturellement vers la formation d’un réseau. Ce réseau de relations de projet à projet est symbolisé sur le dessin par les lignes rouges entre les projets locaux.


8. LA RECONCILIATION AVEC DIEU, UNE ALTERNATIVE POUR UNE VIE D'ABONDANCE

« Je ramènerai les captifs de mon peuple... Ils cultiveront des jardins et en mangeront les fruits. Je les planterai sur leur terre et ils ne seront plus arrachés de la terre que je leur ai donnée... » (Amos 9,14)
  • L’agriculteur a pour tâche spécifique de faire vivre des espèces végétales et animales qui sont nécessaires aux humains et qui ont besoin de ces derniers pour vivre, se reproduire et prospérer (on ne trouve jamais un champ de maïs ou de pois qui pousse spontanément dans la nature). picture 8
  • En tant que producteurs d’aliments, gestionnaires de l’espace rural et dépositaires de connaissances et de savoir-faire relatifs à la vie des plantes et des animaux, on peut dire que les agricultrices et les agriculteurs assument un rôle co-créateur très important.
  • Alors que la population mondiale continue de croître, les surfaces à vocation agricole n'existent qu'en quantité limitée sur notre terre. Leur mise en valeur et le maintien de leur fertilité au bénéfice de nous tous et des générations futures est une mission qui va bien au-delà des simples considérations techniques ou économiques.
  • La réconciliation nécessaire des gens avec la nature, la terre, les arbres, les plantes, les animaux et les autres humains est une notion qui a beaucoup à voir avec la place de l’homme dans l’univers. II s’agit d’un thème éminemment religieux qui mériterait un approfondissement dans le sens d’une théologie de la création ou d'une éco-théologie. Il faut remarquer que c'est là où un travail sérieux a été réalisé dans ce sens avec les familles paysannes, les catéchistes, les leaders religieux qu’il est possible d’observer des paysages ressuscités. Ces derniers témoignent souvent d’une réelle conversion qui permettra de tisser des relations nouvelles entre les humains et le reste de la création.
  • Dans le dessin N° 8, nous avons adopté une idée publiée par la Pastorale Sociale du Honduras et reprise par des collègues colombiens et boliviens. On y voit Jésus ressuscité dans un paysage, témoin de certaines réconciliations possibles entre les familles paysannes et la terre, l’eau, les arbres, les autres plantes, les animaux, les autres humains et le Créateur (comparons les dessins N° 4 et N° 8).
picture 8


J'espère que vous avez aimé la présentation
J'espère que vous avez appris quelque chose pour sauver notre Mère la Terre
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Helen Hagemann
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